Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 10:07

La crise de la dette occupe l’actualité depuis des mois et nul ne peut en prévoir l’issue finale. Elle a déjà provoqué des dégâts considérables : l’Union européenne se déchire et son économie voit se renforcer chaque jour la probabilité d’une glaciation. Pour autant, la crise n’a pas provoqué à ce jour autant d’indignation qu’elle aurait pu…

 

Cette crise pourrait nous indigner d’abord parce qu’elle est surprenante. Alors que nos dirigeants politiques n’avaient cessé depuis l’éclatement de la crise des « subprimes » en 2007 de vanter leurs initiatives en matière de régulation financière, assurant protéger le monde des excès des marchés et protégeant le secteur bancaire, une toute autre réalité s’impose aujourd’hui avec la crise des dettes souveraines. Ce sont des Etats européens qui sont accusés de mauvaise gestion, et les marchés qui imposent leurs exigences de régulation aux dirigeants politiques ! Comment justifier un tel retournement ?

 

Cette crise pourrait également nous indigner parce qu’elle paraît injuste, sinon injustifiée. S’il ne s’agit nullement d’excuser l’insouciance de générations de politiques nous ayant vendu la pérennité d’un modèle à crédit, ni de négliger l’indispensable adaptation de celui-ci aux contraintes du monde moderne, à commencer par une meilleure gestion des comptes publics, on peut s’étonner que la zone euro soit ainsi mise au pilori. La Chine, qui accumule les excédents commerciaux, est un empire fragile qui risque à tout moment l’explosion de sa gigantesque bulle immobilière. Les Etats-Unis, puissance ingouvernable, accumulent une dette explosive. Et que dire du Japon, dont la dette bat des records dans une économie intérieure atone et un territoire en crise post-Fukushima !? Comment justifier que la zone euro, jusqu’à preuve du contraire l’une des zones les plus puissantes et stables de la planète, économiquement, socialement et politiquement les mieux organisées et les plus équilibrées soit ainsi attaquée ?

 

Cette crise pourrait enfin nous indigner tant son déroulement est dérangeant. Que l’on en juge, à la lumière de :

 

-         La ronde humiliante de nos dirigeants, sommés par les marchés de s’organiser sans délai, alors que le calendrier politique ne peut pas se caler sur l’instantanéité d’une place boursière…

 

-         La remise en cause par les institutions de l’Union Européenne de leurs propres règles de fonctionnement dans le reniement des traités ratifiés…

 

-         La tenue de « tribunaux d’exception » dirigés par Angela MERKEL et Nicolas SARKOZY pour faire pression sur des dirigeants politiques européens accusés de « négligence » et les pousser à la soumission ou à la démission…

 

-         La surenchère des marchés qui semblent demander toujours plus, relayée par celles de la Commission européenne et des pays comme l’Allemagne !

 

-         L’orchestration du « sacrifice aux Dieux en colère » dans les pays de la zone euro, sommés de mettre en œuvre des politiques d’austérité pour préserver leur niveau de notation et/ou la capacité de financement de leur dette…

 

-         L’accroissement continue des contraintes sur les banques avec en conséquence le renforcement du « Crédit Crunch » sur les PME-TPE qu’elles mettent en œuvre avec hypocrisie depuis 2007…

 

-         La menace d’une spirale infernale « dette-austérité-récession-dette » nourrie par la seule logique financière et susceptible de faire basculer l’Union monétaire dans un fédéralisme « fouettard » suicidaire…

 

En réalité, si cette crise ne provoque pas dès maintenant l’indignation :

 

-         c’est d’abord parce qu’avec la dramatisation politique, théâtralisée, et la focalisation des marchés sur l’Europe, opportuniste, l’enchaînement rapide des événements et les soubresauts erratiques des places financières ont fini d’établir sur la zone, ses dirigeants et ses citoyens une « chape de plomb » qui obscurcit l’analyse et affaiblit l’esprit critique ;

 

-         c’est ensuite parce que nos dirigeants, censés incarner et défendre la souveraineté de nos pays et de l’Union, semblent avoir abandonné toute prétention à opposer les principes politique à la logique des marchés, dont il faut rappeler sans cesse qu’elle ne vise qu’à l’optimisation des profits. Cette impression de complaisance qu’ils donnent incite l’opinion à considérer que nous n’avons pas le choix.

 

La logique des faits, au mieux obsessionnelle, au pire manipulatoire, favorise ainsi dans un climat anxiogène le scénario décrit précédemment et la passivité d’une opinion assommée et inquiète. On aurait pour autant grand tort de penser qu’elle ne réagira pas. Nous savons que si l’environnement de crise limite la mobilisation critique immédiate – chacun ayant pour première préoccupation l’avenir de sa situation personnelle mêlée d’un sentiment de peur face à l’inconnu -  tout changera lorsque la crise s’estompera. L’heure des règlements de compte commencera et l’indignation prendra forme politique et sociale. Prenons garde qu’alors elle ne renverse pas tout sur son passage…

Par Phert - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 11:43

Frappés par la plus grande sécheresse depuis soixante ans, 12 millions d’être humains dont 2 millions d’enfants sont menacés de mort dans les pays de la corne de l’Afrique. Les besoins nécessaires pour empêcher le carnage ont été évalués à 1,1 milliard d’euros par l’Organisation des Nations Unies. Or, l’ONU ne parvient pas à réunir la somme…

 

Ce constat et la (non) réponse des Etats les plus riches, dont les dirigeants visitent l’horreur des camps de réfugiés puis à se réunissent pour en parler à Rome avec des trémolos dans la voix mais rechignent à réagir à la mesure de la catastrophe, appellent d’urgence à la prise de conscience et à la dénonciation, une fois de plus, de l’inacceptable financiarisation d’un monde soumis au diktat des marchés, focalisé sur le jugement d’agences de notation et tout prêt de perdre son âme... En s’occupant plus d’argent que d’humanité !

 

Le raccourci pourra sembler abusif aux techniciens et aux experts, il est pourtant explicite : alors que les pays de l’Union européenne viennent d’organiser pour 160 milliards d’euros le deuxième sauvetage de la Grèce en quelques mois, que la France alourdira pour l’occasion sa dette de 15 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2014, que les Etats-Unis anticipent l’élection présidentielle de 2012 en jouant à se faire peur autour d’une dette de plus de 14000 milliards de dollars, que les nouveaux pays riches tels que la Chine croulent sous les excédents commerciaux… L’ONU ne parvient pas à réunir 1,1 milliard d’euros pour sauver de la famine deux millions d’enfants !

 

Bien sûr, il y a pour joindre les deux bouts de l’horreur des milliers de bénévoles, des organisations magnifiques, des gens admirables qui prennent des risques pour tenter d’éviter le pire, font des dons pour compenser la démission des Etats… Mais faut-il s’en contenter ?

 

Combien valent ces enfants qui ne sont ni des consommateurs, contributeurs aux profits des entreprises internationales cotées en bourse, ni des épargnants fournisseurs de liquidités pour les banques soumises aux nouvelles contraintes règlementaires de Bâle III, ni des fournisseurs de matières premières d’importance stratégique pour les Etats et les entreprises industrielles et pétrolières, ni des révolutionnaires en marche pour renverser quelques oligarchies politiques alliées de l’Occident ? Combien valent ces deux millions d’enfants qui meurent dans la compassion des discours et l’inaction des puissants ?

 

Combien valent-ils, ces enfants en détresse ? Dix millions d’euros : c’est le montant de la contribution de la France à ce jour. Nous pouvons avoir honte.

Par Phert - Publié dans : Sujets de société
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 11:03

L'annonce a fait l'effet d'une bombe : DSK arrêté et inculpé à New-York à la suite de l'accusation d'"agression sexuelle, séquestration de personne et tentative de viol" par une employée de l'hôtel où il résidait ! L'événement qui bouleverse la donne de l'élection présidentielle a tout balayé sur son passage, et les commentaires n'ont pas cessé depuis. Cette affaire pose une double question embarrassante sur l'état de notre société et le fonctionnement de nos institutions :

 

- si DSK est coupable : comment est-il possible qu'un homme souffrant visiblement de graves problèmes , incapable de maîtriser les pires instincts au point d'agresser sexuellement une femme, n'ait pas été identifié depuis longtemps comme tel et écarté des plus hautes responsabilités ?

 

- si DSK est innocent : comment est-il possible qu'un homme, sur lequel pèsent les plus hautes responsabilités et les espoirs d'un grand nombre de Français pour 2012, puisse être écarté de la course présidentielle avec autant de facilité ?

 

La première hypothèse pose, au-delà de la question de l'éthique individuelle, celle de la sélection de nos élites : faudrait-il comprendre que tous ceux qui connaissait cette faille de DSK l'avaient considérée comme accessoire dans la perspective d'une élection présidentielle ? Le fait que l'affaire ait éclaté aux Etats-Unis, pays où l'on ne fait pas de cadeau aux puissants, en particulier sur ce type d'affaires, est plus que symbolique : ce serait une incroyable leçon donnée face à l'hypocrisie, à la complaisance, à l'opportunisme, à la défaillance de notre sens des principes fondamentaux...

 

La deuxième hypothèse pose, au-delà de la question du complot, la question du fonctionnement de nos institutions :  la présomption d'innocence est piétinée dès lors qu'une inculpation et le déchaînement médiatique qu'elle entraîne suffisent à faire s'écrouler l'existence d'un innocent, de surcroît favori de la prochaine élection présidentielle. La rapidité de l'information, le sentiment de révolte qu'elle provoque, submerge le doute qui devrait profiter à l'accusé. Le mal est fait sitôt le coup porté...

 

Que peut devenir une société qui ne sait plus ni choisir ses élites sur la base de critères éthiques fondamentaux, ni les protéger lorsqu'elles sont innocentes ?

Par Phert - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 18:34

Notre planète subit depuis près de quatre ans un enchaînement de crises et de drames qui bouleversent nos repères historiques et contribuent à nous faire redouter l’avenir. Rarement l’opinion française n’est apparue aussi désabusée. Nous constatons chaque jour l’influence sur notre vie de ces chocs financiers, économiques, sociaux, géopolitiques ou environnementaux et, dans le même temps, aucune de nos protections collectives ne paraît en mesure de les maîtriser. La précarité se répand dans la population comme un virus, et les institutions politiques et sociales paraissent incapables de nous en prémunir. Nous nous voyons individuellement esseulés et collectivement dépassés. Dans ce contexte, l’opinion se détourne de l’engagement politique, et un nombre sans cesse croissant de ceux qui votent encore, affranchis des appartenances partisanes, sont tentés par les votes protestataires ou opportunistes. Le risque de décrochage démocratique se renforce jour après jour…

 

S’inscrivant dans la banalité du cynisme et la désespérance, notre pays s’abandonne à une élite parfois impuissante parfois complice qu’il critique sans conséquence, et à une multitude de communautés d’intérêts qui le décomposent. Le lien républicain est aujourd’hui rompu. Notre monde semble à bout de souffle, et que faisons-nous ? Nous nous démobilisons, nous nous divisons, nous nous limitons à la critique sans travailler l’alternative, ballotés sur notre bateau ivre. Dans ce contexte anxiogène, nos responsabilités individuelles et collectives sont dors et déjà engagées. Nous devons faire face : c’est une question de dignité et de responsabilité pour les générations futures !

 

Tout le monde a conscience que l'actualité dramatique que nous vivons actuellement permet à certains groupes de pouvoir, d’argent ou d’influence de profiter de la confusion et de la faiblesse des institutions pour préserver ou consolider leurs positions. Ce qui est vrai à l’étranger l’est aussi à l’intérieur de nos frontières : des intégrismes, des communautarismes, des extrémismes, des intérêts catégoriels ou sectoriels profitent des défaillances régaliennes et de la démission collective pour grossir, optimiser leurs atouts ou leurs profits. Il est vrai qu’ils trouvent des conditions favorables à leur essor…

 

Le monde financier n’a pas changé : les mêmes causes produisant les mêmes effets, de nouvelles bulles se créent, enflent avant d’exploser, pour le plus grand bénéfice des spéculateurs et le malheur de notre vie réelle. Les salariés subissent une austérité de revenus insupportable, y compris dans les plus grandes entreprises qui accumulent pourtant des bénéfices considérables ; les épargnants qui osent encore s’aventurer sur les marchés sont les payeurs en dernier ressort des crises boursières ; les systèmes de protection sociale et de retraite sont remis en cause à chaque crise, comme si la vocation du social était de régler l’addition du financier ; les PME, sans soutien bancaire véritable, s’efforcent de survivre en espérant éviter la « tuile » fatale... Comment s’étonner dans ces conditions de l’affaiblissement de notre cohésion sociale, de la fragilité de notre tissu économique, de notre timidité exportatrice et de notre incapacité à créer des emplois ou investir durablement ?

 

Le marché immobilier, sensé apporter à chacun un bien de première nécessité : un logement, est en réalité un micro marché d’optimisation fiscale, de spéculation et d’exclusion, qui profite à quelques-uns, du promoteur au distributeur en passant par les banques, propriétaires des principaux réseaux d’agences immobilières, fournisseurs de crédits aspirateurs d’épargne… Tout ceci au détriment du plus grand nombre des ménages, à qui l’on réserve l’endettement à vie, l’austérité, l’éloignement progressif des zones d’emplois, le mal-logement ou la rue....  Trois millions de mal logés, un manque de 900 000 logements, l’impossibilité de la primo-accession pour ceux qui ne peuvent bénéficier d’une caution significative, des territoires submergés de constructions inoccupées et d’autres abandonnés à eux-mêmes, des quartiers transformés en ghettos pour les pauvres ou les riches… A qui profite le crime et quand déciderons-nous de l’arrêter ?

 

La politique des transports est une preuve supplémentaire de l’imprévoyance et de l’irresponsabilité : la concentration des moyens sur les lignes TGV a certes permis de créer des pôles de compétitivité autour de quelques métropoles placées dans la vitrine… Mais tout s’écroule derrière la façade ! C’est la désertification des provinces, « desservies » par quelques trains d’un autre âge quand ils ne tombent pas en panne, sur des lignes abandonnées pour insuffisance de rentabilité… Les RER et les métros, en retard ou en panne, sont transformés chaque matin et chaque soir en wagons à bestiaux, incarnant ainsi chaque jour une défaillance collective réellement insupportable, que seul le fatalisme ambiant d’une foule inerte mais pas dupe protège encore de la révolte. On incite la population francilienne à faire preuve de responsabilité environnementale en abandonnant l’usage de sa voiture, mais rien n’a été fait pour assurer son voyage collectif. Un scandale environnemental et une ineptie économique et sociale !

 

Le marché des produits alimentaires joue contre l’intérêt vital de la population. Si la France est préservée de la famine, sa population de plus en plus pauvre est confrontée à l’envolée des prix alimentaires, alors que les financiers – et certains agriculteurs - spéculent sur les produits de première nécessité cotés sur les marchés à terme. La chaîne de la distribution se porte bien alors que les producteurs les plus fragiles vivent dans la volatilité des cours, à la merci des marchés internationaux et sous la pression permanente des puissantes centrales d’achat qui négocient au plus bas les prix. C’est inacceptable ! Qu’attendons-nous pour réagir ?

 

La puissance régalienne est un géant aux pieds d’argile. Sous la coupe d’une logique financière cynique et d’un système monétaire monomaniaque, notre pays, comme d’autres pays d’Europe, ne parvient plus à assumer sa mission première : organiser l’avenir en protégeant la liberté individuelle et la solidarité collective. Le court-terme et l’injustice brisent chaque jour un peu plus la réalisation collective, comme ils étouffent l’ambition individuelle. L’appât du gain rapide pour les mieux dotés, la frénésie du pouvoir pour ceux qui accumulent les mandats, mais aussi la nécessité pour les plus mal lotis, semblent légitimer un opportunisme ordinaire qui nous mène au naufrage.…

 

L’Europe nous désespère par son manque de souffle, son incapacité à peser dans le monde, sa propension à focaliser son attention plutôt sur le superflu que sur l’essentiel, à passer à côté de sa mission historique. Otage des gouvernements nationaux qui s’en servent tantôt de bouclier, tantôt de bouc émissaire, otage des fonctionnaires zélés qui se préoccupent de minorer les puissances nationales dans une guerre de tranchée sans âge et sans âme, l’Europe n’a pas encore trouvé les hommes et les femmes capables d’incarner et d’entamer la révolution des consciences indispensable…

 

Les élites politiques et économiques ont perdu leur légitimité en perdant leur raison d’être, le sens de leurs missions collectives. Engoncées dans leurs plans de carrière, accumulant les mandats et les jetons de présence, exposées à la perte de réalité dans les couloirs des Assemblées ou des Conseils d’administration, décrédibilisées dans des partis d’élus sclérosés et dépassés par la vitesse du monde qui leur fait perdre toute lucidité ou toute audace, la représentation politique et les élites économiques ne représentent plus qu’elles-mêmes. Ne semblent plus défendre que leur seul intérêt catégoriel. L'élitisme n'est plus un devoir de responsabilité. La politique est inaudible pour l’opinion qui n’attend rien plus d’elle. L'entreprise incarne un lieu d'opportunismes exacerbés. L'ego du politique a pour reflet la cupidité de l'actionnaire... Comment imaginer dans ces conditions d'identification un redressement collectif ? Le lien de confiance est rompu. Dans les cités perdues des banlieues désœuvrées, moins de trois électeurs sur dix inscrits votent encore. Et la plupart des citoyens en âge de voter ne sont plus même inscrits sur les listes électorales ! La motivation des salariés est en berne dans les entreprises. Le mal-être se répand dans le pays comme la poudre…

 

Ce suicide collectif, cette non-assistance à République en danger ne peut pas durer. Nous devons réagir. Nous devons, nous citoyens, Républicains, reprendre en mains nos destins collectif et individuel. Nous devons nous ressaisir sans attendre.

 

Il nous faut, d’urgence, apprendre à vivre le monde d'aujourd'hui et de demain, à partager les richesses fossiles et gérer leur disparition inéluctable, à tenter de maîtriser le changement climatique et faire en sorte que les progrès technologiques soient aussi au service de l’intérêt collectif et non du seul profit optimisé. Il faut redonner à notre pays et à l’Europe de nouvelles marges de manœuvre financières en redéfinissant les objectifs, en réallouant les budgets et en y concentrant les efforts. Nous devons lancer une révolution institutionnelle pour réintroduire le monde réel en politique, celui des citoyens. Nous devons redonner aux citoyens l’envie et les moyens d’agir, le goût de la responsabilité, et rétablir la primauté de l’économie réelle sur la finance virtuelle qu’il faut d’urgence endiguer. Nous devons construire un nouveau Pacte sociétal pour rétablir le sens de la République. Nous devons lancer une politique d’investissements d’intérêt général indépendante des intérêts catégoriels et des lobbies, qui ne soit dépendante ni de la voracité des marchés financiers, ni de la gourmandise d’élus en mal de reconnaissance. Nous devons accomplir une révolution monétaire et financière pour nous doter de nouveaux moyens collectifs. Nous devons accomplir une révolution fiscale pour définir des règles d’équité, plus justes, simples et efficaces. Nous devons redonner du sens, de la reconnaissance à l’impôt. Nous devons accomplir l’Europe politique au service de ses citoyens et de sa mission collective, car c’est à ce niveau que se situe une partie de la réponse aux crises. Nous devons aussi contribuer à l’émergence d’une conscience politique mondiale, car les enjeux sont globaux : les nuages ne s’arrêtent pas aux frontières. Le vol du papillon est déjà l’affaire du monde.

 

Nous devons pour tout cela, reprendre conscience de nos devoirs, et retrouver confiance en nos capacités.

 

L’élection présidentielle de 2012 nous donne l’opportunité de bouger. Elle nous donne l’obligation morale de dénoncer. Elle nous donne la possibilité de nous rassembler autour d’un projet de société. Pour nous mettre en situation d’agir en responsabilité.

 

Travaillons dans cet esprit. Alors, nous positiverons ces moments de crise pour construire ensemble un pays plus harmonieux. Nous le devons à nos enfants. Nous le devons à l’humanité qu’ils incarnent chacun, et que nous incarnons aussi. Nous le devons à nous-mêmes.

Par Phert - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 23:07

ACTU CAFE est un décryptage de l'actualité proposé à des Terminales d'une école. Les sujets sont abordés par les élèves, et j'anime une discussion d'une demi-heure. J'en fais le compte-rendu ci-dessous pour approfondir ces sujets et attiser leur curiosité et leur esprit critique...

 

  • La visite de Nicolas SARKOZY aux Etats-Unis

Une semaine après la défaite de sa majorité aux élections régionales, Nicolas SARKOZY s'est rendu aux Etats-Unis. Le 29 mars, le chef de l’Etat a dialogué avec des étudiants de l’université Columbia à New York, faisant l’éloge de la coopération internationale, appelant à l’alliance des Etats-Unis et de l’Europe pour imposer des règles au système financier international, et vantant le système de santé français où, "quand quelqu'un tombe dans la rue, on ne lui demande pas sa carte de crédit avant de l'emmener à l'hôpital", avant de souhaiter "bienvenue (aux Américains) dans le club des pays qui ne laissent pas tomber les gens malades". Le 30 mars, Nicolas SARKOZY s’est entretenu avec Barack OBAMA, a participé avec lui à une conférence de presse qui a consacré la convergence des deux présidents sur les sujets d’actualité (Iran, Afghanistan, Proche-Orient…), puis dîné à la Maison Blanche dans les appartements privés du président américain.

Thèmes annexes :

-         Les relations internationales donnent aux dirigeants politiques l’opportunité de se positionner et de travailler « à l’échelle du monde » sur les sujets qui nous touchent tous – mondialisation oblige. Ces séquences renforcent souvent l’image de ces responsables à l’intérieur de leur propre pays. La gestion de l’agenda international devient un élément clé de l’agenda politique. La mondialisation et les sujets qu’elle engendre change-t-elle la façon de faire de la politique ?

-         On a souvent parlé de « couples » en évoquant les grands duos politiques sur le terrain international : De Gaulle – Churchill / Giscard d’Estaing – Schmidt / Mitterrand – Kohl… Les relations personnelles entre les dirigeants sont-elles déterminantes ?

-         Les rencontres internationales sont préparées pendant des mois par des équipes d’experts et conseillers (les « sherpas »). La visite du dirigeant est-elle exclusivement symbolique au temps d’Internet et des visioconférences ?

 

 

  • FME / FMI

La Grèce, pays membre de la zone euro, est apparue ces dernières semaines comme le maillon faible de l’Europe. Ses déficits publics atteignent près de 13% du PIB, et l’Etat est condamné à s’endetter sur les marchés à des taux d’intérêt de plus en plus élevés pour faire face à ses échéances. Dans cette situation, la zone euro a aussi montré ses limites : alors qu’une aide financière apparaît indispensable à la Grèce, compte tenu de l’importance des échéances à venir et de l’état des finances publiques, les traités européens interdisent aux institutions communautaires ou aux pays d’intervenir ! Dès lors, la seule possibilité semble de faire intervenir le Fonds Monétaire International (FMI). Mais l’Europe peut-elle accepter de reconnaître ainsi son impuissance ? La Banque Centrale Européenne (BCE) refuse  l’intervention du FMI. Face à ce dilemme, certains préconisent de créer une réplique européenne de l’action du FMI : un Fonds Monétaire Européen (FME), disposant de ressources financières pour intervenir dans un Etat membre en crise de liquidités…

Thèmes annexes :

-         L’Union monétaire a instauré une monnaie unique (l’euro) mais n’a pas réussi à faire converger les politiques budgétaires et fiscales. Les grands écarts constatés en termes de déficits et de dettes entre les pays de la zone euro ont fait basculer le système dans la crise financière. Une Union monétaire est-elle durablement viable sans Union budgétaire et fiscale ?

-         La spéculation est accusée d’avoir déstabilisée l’euro : l’accusation est-elle fondée, ou permet-elle de faire oublier la responsabilité première des gouvernements qui ont contribué, par leur politique, à endetter l’Etat ?

-         L’intervention du FMI dans le dossier grec marque-t-il la fin d’une époque pour l’Europe, et celle du rêve de puissance économique porté par ses concepteurs ? Permettra-t-elle au contraire à l’Europe d’accélérer sa construction sous la contrainte ?

 

 

  •  Bouclier Fiscal

Inventé par Dominique de Villepin et Jean-François Copé fin 2006, le bouclier fiscal a fait l’objet d’une extension du plafond à 50% des revenus par la loi TEPA adoptée en juillet 2007. La mesure déclenche une polémique dès 2008, lorsque les premières études montrent que les ménages les plus riches sont les principaux contribuables à en bénéficier : si 15 000 ménages sont concernés en 2007, 671 d'entre eux récupèrent 68 % du total des sommes, pour plus de 200 000 euros chacun en moyenne. De plus, la loi TEPA inclut dans le bouclier fiscal le CSG et RDS, faisant de facto encore baisser la fiscalité des contribuables ayant les plus hauts revenus. Avec la crise économique, la contestation redouble, mais le gouvernement tient. Nicolas Sarkozy déclare : "Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts." Fin mars, l’ancien Premier ministre Alain JUPPE prend à son tour position contre le bouclier fiscal…

Thèmes annexes :

-         Le bouclier fiscal coûte quelques centaines de millions d’euros à l’Etat, dont le déficit budgétaire atteint près de 140 milliards d’euros. Il pourrait pourtant être l’un des sujets les plus importants de la campagne présidentielle de 2012. Une mesure politique symbolique a-t-elle un prix ?

-         Peut-on défendre en temps de crise économique et sociale une mesure limitant la pression fiscale d’une partie de la population ? Si non, quelle justification donner aux « niches fiscales » ?

-         Le « bouclier fiscal » et l’Impôt Sur la Fortune (ISF) sont des promesses électorales de deux candidats, futurs présidents de la République : Nicolas  SARKOZY (2007) et François MITTERRAND (1981). Mises en œuvre, elles ont été l’une et l’autre immédiatement contestées. Disparaîtront-elles toutes les deux en même temps, après l’élection présidentielle de 2012 ?

 

 

  • La fin de la taxe carbone

Deux jours après la défaite électorale aux Régionales, François Fillon annonce aux députés UMP l'abandon du projet de fiscalité écologique dit « taxe carbone ». Pour le premier ministre, la réforme doit être organisée au niveau européen pour « ne pas plomber la compétitivité des entreprises françaises ». Dans un communiqué, le Medef salue la décision du gouvernement de renoncer à la taxe carbone. Aujourd'hui, la taxe carbone semble donc bien enterrée. Son application n'est certainement pas à l'ordre du jour, au niveau européen. Et ne le sera sans doute jamais, selon des sources diplomatiques.

Thèmes annexes :

-         Peut-on lancer une « Révolution verte » dans un seul pays, alors que les frontières n’arrêtent pas les nuages ?

-         L’environnement et l’entreprise ont-ils des intérêts contraires ? Si oui, le dilemme revient-il à choisir entre le chômage et la pollution ?

-         L’Europe a-t-elle les moyens de son ambition environnementale ou bien, confrontée à la concurrence économique des pays émergents, devra-t-elle renvoyer à plus tard sa politique de lutte contre le réchauffement ?

-         L’environnement est-il une thématique politique durable ?

 

 

  • La mise en cause du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat – créé en 1988 par l’ONU à la demande du G7)

En novembre 2009, peu avant la Conférence de Copenhague, des hackers s'introduisent dans les serveurs de l’unité de recherche sur le climat d’une université britannique et récupèrent la correspondance de plusieurs climatologues, dont certains collaborent à l'élaboration des rapports du GIEC. Cette correspondance fait apparaître, selon les sites qui doutent de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, la preuve de manipulations de données. Les climatologues se défendent, mais certains politiques prennent le relai : Sarah PALIN, ex-candidate à la vice-présidence américaine, appelle au boycott du sommet de Copenhague et le délégué saoudien, à l’ouverture des travaux déclare que le niveau de confiance dans le GIEC est affecté par l’affaire. Mi-janvier 2010, une estimation erronée de la date de disparition des glaciers de l’Himalaya est révélée par la presse. Le GIEC reconnaît cette erreur. En France, plusieurs scientifiques autour de Claude ALLEGRE remettent en cause le GIEC. Des centaines de climatologues  lui répondent et en appellent aux pouvoirs publics…

Thèmes annexes :

-         L’opinion peut-elle comprendre une polémique scientifique, et surtout distinguer ceux qui ont raison de ceux qui ont tort ? La mise en cause du GIEC n’a-t-elle pas pour première incidence d’aggraver la confusion autour des questions environnementales ?

-         Le temps long du climat peut-il s’accorder au temps de plus en plus court de la politique ?

-         Un groupe devenu une institution de référence peut-il se protéger des conflits d’intérêts en interne, et des enjeux de pouvoir, en externe ?

-         S’il n’y a pas de fumée sans feu, peut-on affirmer que les erreurs révélées du GIEC crée une suspicion légitime sur l’ensemble de ses travaux ?

 

Par Phert - Publié dans : Actu Café
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Catégories

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus